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Entretien avec les bénévoles du groupe de programmation

En septembre de l’année dernière, le Fuzz’Yon a ouvert un projet aux bénévoles les invitant à s’intéresser théoriquement et en pratique à la programmation d’artistes le temps d’un soir. Un an plus tard, ce groupe composé de 5 bénévoles vous propose le samedi 10 novembre prochain le concert de Delgrès en tête d’affiche et de The Red Goes Black en première partie. Réservez-vos places ici.

J’ai donc été amené à rencontrer ce groupe de bénévoles – aux profils et influences musicales très différentes – pour en savoir plus sur ce projet inédit pour la salle et pour eux.

De gauche à droite, Loïc Lavoine, 45 ans, responsable commercial d’une brasserie artisanale. Il aime le Blues, le Rock, la Soul. Ses artistes de référence sont Bror Gunnar , The Kills, Archive, Daptones Record, Jeff Healey, Birth of Joy, Gogo Penguin et Nougaro.

Thomas Peslerbe, 23 ans, administrateur systèmes, aime la musique alternative, ambiant, indie, pop/rock, dreampop, cold-wave et ses artistes préférés sont Beach House, Sigur Rós, Youth Lagoon, Alvvays, AaRON, AIR, Boards of Canada et John Maus.

Marie Capocchiani, enseignante, écoute entre autre chose, du rock alternatif comme Jeanne Added, Radio Elvis, Block Party et de la musique électro, notamment Absynthe Minded et Thylacine.

Olive Macquigneau, 22 ans, attachée de production est plus portée sur la musique rock, folk et indée avec pour artistes favoris Warhaus, The Animen, The Strypes et Amy Winehouse

Malvina Sirisawat, 27 ans, attachée de presse, férue de Folk, Blues, Rock et de Variétés, notamment The Black Keys, Amy Winehouse, Damien Rice, Michel Berger et Mac Demarco

Fanny Cesbron, chargée de billetterie et des relations publiques au Fuzz’Yon. Elle est aussi la responsable des bénévoles et a supervisé en partie le groupe des bénévoles pour le projet.

Qui est à l’initiative du groupe bénévole programmation ?

Marie : C’est une idée de Benoît Benazet [Directeur/Progammateur du Fuzz’Yon, ndla] qui souhaitait donner la place aux bénévoles et leur faire connaître un peu aussi l’envers du décor en leur proposant de s’intéresser à la programmation d’un concert le temps d’une soirée et comprendre un peu aussi les rouages du métier.

Thomas : Il voulait impliquer une équipe réduite de bénévoles dans de nouveaux projets, plus riches et demandant plus d’implication pour les bénévoles mais cependant complémentaires aux missions déjà existantes. Le groupe s’est constitué de façon assez naturelle lors de la réunion d’appel aux bénévoles en 2017. L’enthousiasme s’est rapidement fait sentir !

Fanny : Il y avait une visée pédagogique dans le projet, d’expliquer certes comment faire mais que chacun puisse mettre la main à la pâte pour comprendre tout ça. Le côté pédagogique c’était plus d’expliquer nos métiers. À chaque réunion on parlait d’un métier différent et tout cela aura pris un an.

Quelles étaient vos motivations personnelles à rejoindre le groupe de programmation ?

Olive : C’est un domaine qui m’a toujours intéressée, je travaille aussi dans ce domaine là. J’avais envie de connaître toutes les facettes du spectacle et des concerts.

Malvina : Idem. C’est un domaine qui m’intéresse depuis toujours. Je trouvais que d’amener plus loin l’expérience bénévole c’était intéressant. On avait nos responsabilités et ça donnait un nouvel élan à ce rôle là. Et puis aussi pour connaître de nouvelles personnes !

Olive : On se connaissait déjà et ça permet de se connaître plus, de partager plus de choses en fait.

Malvina : Et on est d’horizons totalement différents. Je pense qu’on ne se serait jamais rencontrés à part si on s’était retrouvés à discuter sur un concert. C’est cool de voir qu’en fait il y a un socle qui nous réunit et au final on s’est tous bien entendus.

Loïc : Oui, c’est qu’il y a ce phénomène de curiosité qui nous donne envie de connaître l’envers du décor. Moi, c’est ce qui m’a attiré au départ et puis aussi de vivre une aventure humaine et collective. Depuis un an on a pas mal échangé sur nos goûts musicaux, et encore maintenant d’ailleurs. C’est ça aussi l’intérêt, c’est de pouvoir conjuguer nos passions de manière active.

Marie : Je rejoins également mes coéquipiers, le but était de connaître le fonctionnement, les différentes étapes du processus de programmation. J’aime l’organisation et je voulais savoir comment prendre les choses et effectivement le côté humain a été très porteur. C’était un plaisir à chaque fois de nous revoir !

Thomas : C’était la chance de participer activement et durablement à un projet d’envergure de programmation d’une date. C’était l’occasion de découvrir et gérer un projet artistique en lien avec la catégorisation Scène de Musiques Actuelles (SMAC) du Fuzz’Yon à des personnes externes et non issues du milieu de la musique.

Comment se passait le déroulement de vos réunions ?

Olive : C’était souvent par Doodle (site web de planification et de sondage, ndla) au début que Fanny nous a mis en place, et sinon c’était sur place, en fonction des dispos.

Malvina : On a aussi beaucoup fonctionné par mail et on a créé aussi des groupes de discussion sur lesquels on échangeait au fur et à mesure des étapes qu’on validait. On avait un système de vote pour avoir un avis collégial sur chaque étape du projet. Ces groupes de discussion étaient en dehors des réunions physiques et c’était primordial pour l’avancée du projet.

Thomas : Nos réunions étaient calées sur les phases majeures du projet et étaient donc irrégulières : phases de sélection artistique, contacts tourneurs, budgétisation, communication et cetera.

Marie : C’était aussi un moyen de diffusion puisque ça nous a aussi permis de partager des groupes, on a découvert des artistes différents dans ces listes qu’ils nous a fallu composer.

Fanny : Est-ce que vous pensiez passer autant de temps sur la recherche et l’écoute de groupes ?

Marie : Ça a été effectivement long. J’ai trouvé la période entre les premières réunions et le moment où on s’est orienté sur des artistes français et locaux très long. Je me suis demandé comment on allait s’en sortir parce que chacun proposait une poignée d’artistes et puis c’est vrai que pour cibler les groupes, ce n’était pas facile de donner des notes alors qu’on les a entendus comme ça une fois ou deux.

Olive : Il fallait avoir un avis neutre en plus et mettre ses goûts de côté.

Marie : Donc oui, toute cette phase de recherche de groupe je l’ai trouvé super intéressante mais longue.

Fanny : Et puis c’est très long de tout écouter et dans un temps imparti.

Et toi Fanny, comment tu l’as ressenti ?

Fanny : Et bien, pour nous c’était un nouveau projet qu’on a mis en place. C’était passionnant d’organiser quelque chose qui n’existait pas. On a plein de choses positives à en tirer et aussi des choses à changer dans la méthodologie notamment. Je pense que cette période à laquelle tu faisais référence Marie était trop longue, on a refermé le goulot trop tard. Le but de Benoît c’était de donner totalement carte blanche dans la pratique mais aussi dans la méthodologie. Peut être aussi que moi toute seule, j’aurais pu vous aiguiller.

Marie : Dès le début c’est vrai que vous nous aviez orienté sur des groupe de préférence français.

Fanny : Oui mais on vous a dit de vous faire plaisir sur les propositions…

Malvina : Et c’est vrai qu’on est partis loin!

Fanny : Mais je pense que Benoît voulait que vous vous rendiez compte par vous-même qu’il y a les goûts d’un côté et de l’autre il y a la réalité du business, l’attente du public et savoir si les artistes sont en tournée, s’ils ont sorti ou vont sortir un album.

Loïc : Et puis c’est vrai que par rapport aux pratiques que le Fuzz’Yon a, nous on est plus partis sur un système de sourcing c’est-à-dire qu’on a pas eu d’aide. Chacun d’entre nous avait sa méthode. Je n’ai pas proposé mes groupes préférés, je suis parti sur une autre méthodologie mais c’est vrai que ça demande du temps,  que ce temps était nécessaire pour se prendre des retours de bâton parce qu’il y avait des artistes qui n’étaient pas en tournée, qui étaient trop chers. Ce que je veux dire par là c’est que pour la saison 2 on va gagner vachement de temps . Il fallait qu’on passe par des refus pour savoir ce que l’on devait faire et ce dont on avait envie.

Malvina : Je trouve ça chouette que pour une première édition on ait appris en faisant parce que ça nous ancre plus dans ce projet. Effectivement on a eu une période où on pensait qu’on allait jamais trouver de groupes.

Olive : On était tous dans le même panier et on est passés par plusieurs phases.

Malvina : Et c’est aussi ce qui rend riche ce projet là. On était tous sur le même pied d’égalité à la base et on a bien galéré mais c’était chouette.

Vous avez fait comment pour proposer vos artistes ? Bibliothèque personnelle ? Vos proches ? En écoutant d’autres artistes ?

Fanny : On est d’abord partis sur la tête d’affiche et c’était beaucoup d’artistes internationaux. Benoît en a éliminé pas mal parce que trop chers et/ou non réalisable. Ensuite, chacun a proposé une liste personnelle de vingt artistes supplémentaires où on a commencé à cibler les artistes francophones. Et après on a fait une autre liste pour la première partie.

Et comment se sont faits vos choix pour la première partie ?

Malvina : On a essentiellement fait en fonction de la tête d’affiche. Il fallait que le genre musical soit cohérent par rapport à l’artiste principal.

Fanny : Et par rapport au budget aussi.

Loïc : On savait par rapport à la tête d’affiche le budget qu’on allait avoir pour la première partie. On était aussi dans la même confrontation. Il fallait trouver un groupe régional, dans la même sonorité que Delgrès donc ce n’était pas non plus évident. Pour la petite histoire, on a réussi à choper The Red Goes Black parce qu’on a été les voir sur un festival à Nantes. On savait sur quoi on allait tomber en les proposant et ils sont complémentaires.

Quelles étaient les difficultés du booking ?

Thomas : Le budget était fixé par Benoît qui nous a indiqué une fourchette maximale à ne pas atteindre afin d’écarter rapidement un certain nombre d’idées de notre shortlist. D’autres éléments tels que les lieux de touring, les contraintes de déplacements et autres furent également rapidement intégrés par l’équipe.

Marie : Il fallait mettre de côté nos goûts personnels, choisir des artistes nationaux de préférence, qu’ils soient idéalement en tournée entre Rennes et Bordeaux donc autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Et puis l’aspect technique nous a un peu limités finalement parce qu’en fonction de la capacité de la salle on ne pouvait pas accueillir tous les groupes. C’était un élément qui pouvait bloquer à la lecture du rider (la fiche technique, ndla)

Quelles ont été les différentes étapes à la réalisation de cet événement ?

Marie : Chacun a recherché et proposé des groupes, à raison d’un vingtaine par personne, sachant qu’on était huit bénévoles au début du projet, écouter les groupes, les noter pour arriver à une shortlist, contacter les bookers et agents , les relancer surtout.

Le fait d’être bénévole n’a pas posé de problème dans vos échanges avec les professionnels ?

Malvina : Pour le booking, on avait une adresse mail du Fuzz’Yon donc on avait toujours cette caution derrière nous pour soutenir la démarche.

Loïc : Ce qui était marrant, c’est qu’on s’est retrouvé en « confrontation » avec Benoît sur certains artistes comme Pépite ou Escobar alors qu’on a pas les même méthodes mais on s’est rendu compte qu’on était pas mal et qu’on n’était pas dans le faux.

Malvina : C’est vrai que cette expérience nous a permis de comprendre les principes généraux.

Loïc : Et même dès la première réunion, j’avais proposé Eddy de Pretto et Benoît l’avait déjà programmé donc on se rend compte qu’on est pas totalement à côté de la plaque!

Comment faisiez-vous pour vous mettre d’accord ?

Marie : On avait des rôles définis sur chacune des phases du projet. Je n’ai pas participé au booking par exemple.

Loïc : C’est vrai qu’il faudrait améliorer ça pour la saison 2.

Olive : Sur le booking, on bossait en groupe restreint justement pour éviter de se marcher dessus.

Marie : Oui mais quand même, je n’aurais pu être aussi réactive que vous l’avez été.

Fanny : Tu as quand même suivi de près. Après tout dépend des motivations, on est partis d’un groupe de huit qui s’est réduit à cinq à peu près au printemps, pendant le booking. C’était peut être un moment moins passionnant parce que moins de réunion, et plus de travail individuel. Donc finalement c’était plus fluide à cinq qu’à huit.

Vous êtes actuellement dans la phase communication et médias, comment ça se passe ?

Marie : C’est essentiellement du flying.

Malvina : On tapisse des affiches partout dans la ville, les flyers comme l’a dit Marie dans tous les lieux publics, les bars pour qu’on puisse attirer le plus de gens possible.

Olive : Sur le plan média, on a envoyé des mails pour les médias presse.

Malvina : On passera aussi sur l’antenne de Graffiti (88.6) le 6 novembre à 17h15 en direct pour présenter le projet. L’émission sera disponible en replay.

Loïc : Et sera disponible en podcast.

Après plus d’un an d’investissement sur le projet de programmation bénévole, êtes vous prêts à réitérer l’expérience ?

Olive : Oui !

Loïc : Oui !

Marie : Oui !

Malvina : Oui !

Thomas : Oui !

Fanny : D’autres personnes rejoindront le projet et on constituerait un nouveau groupe potentiellement d’une petite dizaine de personnes. Il nous paraît important d’intégrer des nouveaux qui se sont d’ailleurs déjà manifestés.

Pour en savoir plus sur le concert des bénévoles du groupe de programmation et réserver vos places :

http://www.fuzzyon.com/prog/concert/494/delgres-the-red-goes-black-la-roche-sur-yon/

Etudiant en L2 Double Licence Droit/Langues Etrangères Appliquées
Bénévole au Fuzz’Yon depuis septembre 2017
Plaisir d’offrir, joie de recevoir !

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One comment

  1. Bravo au Fuzz’Yon et aux bénévoles qui ont eu le nez creux…
    Delgrès est, 5 jour après le Fuzz’yon, en concert sur … FranceInter avec Miossec…

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