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3 questions à David Fugère, photographe professionnel

Le photographe David Fugère collabore avec le Fuzz’Yon depuis 2 ans déjà . Il prend des clichés sur le vif lors de concerts à la salle. Nous exposons ensuite ses tirages (une sélection du trimestre) au 10 rue Pasteur et les images prennent vie !


Comment es-tu parvenu à vivre professionnellement de la photographie ?

J’ai fait un BTS photo à Montpellier. Mais ma grande chance est d’avoir fait un stage chez Point Par Pouce, un studio photo à Paris. Grande chance parce que, d’abord, on m’a rappelé après mes études pour y travailler. Et ensuite, parce qu’en 1999, c’était le premier studio photo à travailler en numérique. Ca m’a permis de me former à cette nouvelle façon de faire de la photo alors que 99% de la profession travaillait encore, à l’époque, à l’argentique *. J’ai pu ainsi rapidement concilier les deux. Me nourrir de mon apprentissage « traditionnel » de l’argentique et l’adapter à la nouveauté qu’était le numérique.

Je suis d’ailleurs content d’être passé par l’argentique. Je considère que c’est un atout. De fait, en argentique on ne connait pas le résultat final de la photo. L’appareil n’a pas, comme aujourd’hui, d’écran qui propose à l’instant T le cliché. On est alors obligé d’avoir une connaissance technique approfondie pour penser au résultat final. L’argentique c’est l’école de la lenteur. Ca prend du temps. On doit attendre de rentrer au studio. Attendre de développer la pellicule. Attendre que les photos se révèlent sur le papier par les bains, pour enfin voir le travail avec de belles surprises… ou pas.

Aujourd’hui, la technique n’a pas changé avec l’arrivée du numérique. Elle est la même qu’il y a 25 ans. C’est le traitement de l’image qui a évolué. Et rien que pour cela, la rigueur de l’argentique est un excellent support à la rapidité du numérique.

Quand j’ai commencé dans la photo, on m’avait dit qu’il fallait 10 ans pour en vivre. J’ai pu le vérifier. Il m’a fallu tout ce temps pour « asseoir » un relationnel et la confiance des clients. Prendre de belles photos, c’est super. Mais pour en vivre, il faut aussi se faire connaître et donc travailler le relationnel, ce qui n’est pas – en soi – la partie la plus naturelle pour un photographe. Celui-ci a plutôt le réflexe de se mettre en retrait par rapport au sujet photographié. Mais, aujourd’hui, on peut dire que je vis de mes photos avec, c’est vrai, des années plus fastes que d’autres.

*(La photographie argentique est une technique photographique permettant l’obtention d’une photographie par un processus photochimique comprenant l’exposition d’une pellicule sensible à la lumière puis son développement et, éventuellement, son tirage sur papier)

Quel est ton rapport à l’image et ta démarche notamment lors des prises de vue des concerts au Fuzz’Yon ?

Quelque soit le sujet, en tant que photographe, ton premier travail est de regarder avant de photographier. Je regarde la lumière du lieu. Je regarde comment les gens bougent. Je me demande quelle est l’information qui m’intéresse. Celle qui m’a attirée l’œil et celle qui doit – à mon sens – ressortir. Par exemple, au Fuzz’Yon, je ne photographie pas du tout de la même façon un concert de Charlie Cunningham et un concert de Kadavar. Les ambiances sont diamétralement opposées. L’une est douce et épurée. L’artiste est seul en scène. Cheveux courts. Assis. Guitare à la main. L’autre est plus dense. Plus ancrée dans le sol. Ils sont trois sur scène avec beaucoup de cheveux et ils envoient du bois. J’essaye alors de retranscrire l’ambiance du concert sur la photo. Celle de la scène et des artistes. Mais aussi celle de la salle et du public. Je peux me trouver très près de la scène – voire carrément sur la scène. Mais je peux aussi me placer en fond de salle avec le téléobjectif. Ca me permet alors d’avoir les artistes mais aussi quelques têtes de spectateurs. On m’a d’ailleurs demandé pourquoi je ne me concentrais pas uniquement sur l’artiste. Mais parce qu’un concert, ce n’est pas uniquement le type sur le plateau. C’est aussi ceux qui viennent le voir. Et puis une foule ça bouge. Ca vibre. Ca change. C’est très photogénique. D’ailleurs, je n’ai jamais photographié deux concerts de la même façon. Et même quand c’était le même artiste qui passait deux fois de suite. Ne photographier que les artistes, ce n’est pas de la photo de concert.

En ce qui concerne le choix de la couleur ou du noir et blanc, c’est là aussi une question d’ambiance et de « retranscription » du concert. Certains clichés seront plus percutants en couleurs. D’autres en noir et blanc. Mais dans la grande majorité des cas le noir et blanc renvoie mieux l’âme du moment.

 Peux-tu en dire plus sur tes projets actuels et à venir ?

Je viens de faire un livre d’art sur la cathédrale de Luçon et des portraits d’ouvriers – et ouvrières d’ailleurs – des chantiers navals de Saint Nazaire. Deux univers très loin des concerts du Fuzz’Yon ou du Festival RPop que j’ai eu la chance de couvrir. Mais c’est ça qui est intéressant dans mon métier. Passer d’un lieu à un autre. D’un client à un autre. D’une atmosphère à une autre. C’est comme se remettre en question à chaque fois.

Aujourd’hui, j’ai en projet de réaliser un livre de photos d’art mais il est encore un peu tôt pour en parler.

En savoir plus sur David Fugère : ICI

Vous pouvez découvrir une partie des photos prises lors des concerts au Fuzz’Yon (de janvier à mai 2018) dans le hall et au bar de la salle de concerts.

Chargé de communication du Fuzz’Yon et pêcheur d’étrilles devant l’éternel.

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